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73 fiche(s) - Page 1


VANINI (Lucilio). Amphitheatrum aeternae providentiae divino-magicum. Christiano-Physicum, nec non Astrologo-Catholicum. Adversus veteres Philosophos, Atheos, Epicureos, Peripateticos, & Stoicos (...).
Lugduni, Apud Viduam Antonii de Harsy [Lyon, Veuve Antoine de Harsy], 1615.
In-8, plein maroquin olive, dos à nerf richement orné de caissons cloisonnés et fleuronnés, double pièce de titre de maroquin havane, triple filet d'encadrement sur les plats, filet sur les coupes, dentelle intérieure, tranches dorées, protégé sous étui de cartonnage marbré (rel. ca 1770 "Derôme Le jeune"), (1) f., (22), 336 p. et (8) f. d'index et errata, bandeau, lettrines et culs-de-lampe.
Edition originale de ce livre qui valut à l’auteur d'être arrêté, jugé et brûlé vif la langue tranchée, à l'âge de 34 ans. Véritable brûlot, l’ouvrage est de ceux qui ont contribué à jeter les bases de la philosophie moderne.
"Habileté dialectique, force de dénigrement, indépendance vis-à-vis de ses maîtres, connaissance étendue des systèmes les plus divers, malice enfin... L'Amphitheatrum, plus qu'un bréviaire d'athéisme, est une revue des différents systèmes et un document inestimable sur l'état de la spéculation au début du XVIIe siècle" (A. Levi, Encyclopaedia Universalis).
"Cet impie dont le hurlement blasphémateur, traversant les années, semble avoir, jusqu'à l'apogée dévot du règne de Louis XIV, bouleversé les cœurs des fidèles, empli de terreur les défenseurs de la foi et atteint comme une menace dans leur retraite prudente les incrédules" (Pintard, 'Libertinage érudit', p. 20).
Né près de Naples, Vanini étudia la théologie, la, médecine, le droit et la philosophie en Italie; il entra dans les ordres et parcourut l'Europe en propageant une doctrine qui évolua vers l'athéisme. Venu à Paris, puis à Toulouse pour y continuer son enseignement, il y fut arrêté. Convaincu d'athéisme, de blasphème et de sorcellerie mais aussi d’homosexualité et de corruption de mœurs, il fut condamné à avoir la langue tranchée et à être brûlé, le 9 février 1619, sur la place du Salin à Toulouse ; ses cendres furent jetées au vent.
Devant la mort, fidèle à ses convictions, Vanini repoussa le crucifix en proclamant que Dieu n'existe pas et que la mort n'est que l'antichambre du néant.
L'ouvrage fut poursuivi et détruit, "rarissime" selon Dorbon.
(Brunet, V, 1075. Caillet, 11028. Dorbon, 5060. Peignot, 'Livres condamnés', II, 174. Thorndike VI, 568-573. Wellcome, 6485).
Provenances: baron de Caule, avec ex-libris ancien gravé. Bibliothèque de la demeure d'Auchincruive en Ecosse et "Mortimer L. Schiff" avec son ex-libris doré sur cuir.
Petite restauration de papier au f. 9. Quelques rousseurs.
Très bel exemplaire dans une reliure de maroquin olive de Nicolas-Denis Derôme dit "Derôme jeune", le plus célèbre représentant de la dynastie des relieurs, avec sa petite étiquette imprimée: "Relié par Derôme le Jeune rue St Jacques au-dessus de St Benoist".

Réf.: 35285 - Eur 3000.00
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HOLBACH (Paul Thiry, baron d'), MIRABAUD (Jean-Baptiste de), FRERET (Nicolas), NAIGEON (Jacques André) - RECUEIL. 1- MIRABAUD (Jean-Baptiste de). Opinions des anciens sur les Juifs. Par feu M. de Mirabaud (…) [suivi en pagination continue de "Réflexions impartiales sur l'Evangile"]. Londres, 1769. (2), 127 p. et [129-], 238 p.
2- [HOLBACH (Paul Thiry, baron d')]. L'Esprit du Judaïsme ou Examen raisonné de la Loi de Moyse, & de son influence sur la Religion Chrétienne. Londres [i.e. Amsterdam, Marc Michel Rey], 1770. (4), xxii, 201 p.
3- [HOLBACH (Paul Thiry, baron d')]. La Contagion sacrée, ou Histoire naturelle de la superstition. Ouvrage traduit de l'Anglois. Prima mali labes. Londres, 1768. 2 tomes, (1) f., x, 169 p. et (1) f., (2), 184 p.

3 ouvrages reliés en un fort volume in-12, plein maroquin bordeaux de l'époque, dos lisse orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, triple filet doré d’encadrement sur les plats, chasses et coupes filetées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrures, gardes de papier doré dominoté.
Exceptionnel ensemble de quatre textes matérialistes, en édition originale, réunis à l'époque en un volume.
1- Recueil de deux textes matérialistes : "Opinions des anciens..." attribué à D’Holbach et publié par Naigeon selon Naville dans sa bibliographie (p.429), suivi des "Réflexions impartiales sur l'Evangile" qui sera réédité en 1777 sous le titre de: "Examen critique du Nouveau Testament" et sous le nom d’auteur de Nicolas Freret. (Vercruysse, p. 41 et 43).
2- Dans ce "classique du matérialisme" imprimé par M.-M. Rey à Amsterdam vers la fin de 1769, D’Holbach jette les bases d’une dénonciation radicale des religions révélées. Il démontre que le christianisme conserve l'essentiel de son héritage provenant du judaïsme, dont il aurait repris et amplifié le pouvoir d'asservissement et d'obscurantisme. (Vercruysse, 1770, D1).
3- Composé par d’Holbach et publié fictivement comme une traduction de Jean Trichard, ce réquisitoire contre la religion et ses méfaits a été brûlé par arrêt du Parlement de Paris du 18 août 1770. "C'est, dit l'arrêt, une invective amère contre la révélation prise en elle-même. L'auteur la montre comme une imposture, comme une contagion sacrée, dont tous les esprits et tous les gouvernements ont éprouvé les sinistres effets, comme le fatal instrument dont l'ambition s'est servie pour opprimer la terre, et enfin comme une invention funeste, incompatible avec la saine morale, et nécessairement liée avec la servitude, le fanatisme et la superstition" (Peignot, ‘Livres interdits', I, p. 180). (Vercruysse, 1768-A2).
Quelques petites traces de restauration à la reliure.
Très bel exemplaire, très bien relié en maroquin rouge à l’époque, condition peu courante pour ce type d’ouvrages.

Réf.: 36651 - Eur 2500.00
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LA METTRIE (Julien Offray de). Oeuvres philosophiques, de Mr. de La Mettrie. [Contient: 'L'Homme Machine', Leyde, 1748].
Amsterdam, 1753.
2 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, garnis de compartiments ornés d'un jeu de filets d'encadrement et fer spécial répété entre-nerfs, palettes en tête et pied, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, tranches mouchetées rouges, roulette sur les coupes.
Edition collective des "Œuvres philosophiques de La Mettrie".
Elle contient la rare seconde édition de 'L'Homme machine', en 109 pages, insérée sous sa page de titre d’origine à la date de 1748. Le plus célèbre et le plus scandaleux des brûlots de La Mettrie, dans lequel il livre ouvertement les principes de sa doctrine radicale, matérialiste et athée, fondée sur un biologisme intégral. Cette véritable seconde se distingue d’un retirage postérieur par l’orthographe de l’imprimeur sur le titre: "Luzac" qui deviendra "Lusac". La première édition, dont il ne subsiste que quelques exemplaires, avait été presque totalement détruite par ordre du Consistoire de Leyde en décembre 1747.
I - Discours préliminaire - L'Homme Machine (Leyde, De l'Imp. d'Elie Luzac Fils, 1748) - Traité de l'âme.
II - Abrégé des systèmes - Les Animaux plus que Machine - L'Homme Plante - Système d'Epicure - Anti-Sénèque ou Discours sur le Bonheur - L'Art de jouir.
(Pour 'L’Homme machine': En Français dans le texte, n°151. Garrison & Morton, n°586. Stoddard, La Mettrie, n°31. Tchemerzine-Scheler, III, 949. Pour l’édition collective des œuvres: Stoddard, n°59).
Rousseurs et brunissures éparses, plus prononcées à certains cahiers.
Exemplaire très bien relié, dans sa première reliure.

Réf.: 37050 - Eur 2200.00
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[LA METTRIE (Julien Offray de)]. Histoire naturelle de l'âme, Traduite de l'Anglois de M. Charp, par feu M. H** de l'Académie des Sciences, &c. (BEL EXEMPLAIRE)
La Haye, Jean Neaulme, 1745.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, filet doré sur les coupes, tranches rouges, (2) f. de faux-titre et titre, (2) p. d'épître à Maupertuis, (6) p. de table et errata, 398 p.
Edition originale publiée clandestinement à Paris sous l'adresse factice de La Haye.
L'expression la plus radicale, en son temps, d'un matérialisme athée appuyée sur une théorie mécaniste du corps humain qui valut à l’auteur une réprobation universelle et les critiques de Voltaire et de Diderot.
"Apre critique de la morale et de la métaphysique traditionnelles tournée vers l'édification d'une philosophie biologique fondée sur un athéisme militant et sur un matérialisme mécaniste sans concessions" (A. Vartanian, ‘La Mettrie…’, "Annales. Économies, Sociétés", 1967, vol. 22, n°4, p. 923 sq.).
L'ouvrage fut saisi et condamné au feu par le Parlement de Paris, le 7 juillet 1746, en compagnie des 'Pensées philosophiques' de Diderot.
(Stoddard, n°18. Tchemerzine-Scheler, III, 946).
Quelques petites traces de restaurations.
Bel exemplaire, bien relié à l’époque, grand de marges.

Réf.: 20963 - Eur 1800.00
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SPINOZA, BOULAINVILLIERS (Henri de), FENELON, COLERUS (Jean), OROBIO (Isaac). 1- BOULAINVILLIERS (Henri de), FENELON (F. de Salignac de la Mothe), LAMY (François). Réfutation des erreurs de Benoit de Spinosa, par M. de Fénelon (…), par le P. Lami (…) & par M. le Comte de Boullainvilliers, avec la Vie de Spinosa, Ecrite par M. Jean Colerus, (…) ; augmentée de beaucoup de particularités tirées d’une Vie manuscrite de ce philosophe, faites par un de ses amis [Lucas, médecin à La Haye]. Bruxelles, François Foppens, 1731. (10), 158 p. et 386 p.
2- OROBIO (Isaac). Certamen Philosophicum (...). Amsterdam, 1703. [387]-483, (2) p. de tables.

Ensemble relié en un volume in-12, plein veau blond glacé de l'époque, dos lisse entièrement garni d’une résille aux fers quadrilobés et d’un caisson de pied orné d’un fer spécial, chaînons, palettes et filets dorés, pièce de titre de maroquin rouge, triple filet doré en encadrement des plats, roulette dorée sur les coupes, tranches jaspées.
Edition originale de ce recueil collectif sur Spinoza et sa doctrine, édité par Nicolas Lenglet du Fresnoy.
Il contient la 'Vie de Spinoza' (p. 1 à 150) par Jean Colerus (Johann Koehler), pasteur luthérien à La Haye -- La préface et la "Réfutation" de Spinoza par le comte de Boulainvilliers, auquel celui-ci avait donné initialement le titre de "Essai de métaphysique dans les Principes de B*** de Sp*** " ainsi que la "réfutation" de Fénelon (p. 151 à 320) – ‘Extrait du nouvel athéisme renversé’ oeuvre du cartésien François Lamy (p. 321 à 386) sous page de titre particulière à la date de 1696 -- ‘Certamen Philosophicum’ (...) d’Isaac Orobio (p. 387 à 483) ici en dans sa seconde édition également sous page de titre particulière, à la date de 1703. Médecin, personnalité de la communauté juive d’Amsterdam, Orobio tente "d’effacer toute idée de collusion entre le judaïsme et le spinozisme " (P. Vernière, 'Spinoza et la pensée française', p. 341).
"Sous prétexte de rendre plus facile la réfutation de Spinoza en mettant ses opinions à la portée de tout le monde, Boulainvilliers a eu réellement pour but de propager le système de ce philosophe (...) en substituant au langage austère du métaphysicien hollandais une forme simple et pleine d’attraits" (Franck, p. 202).
Sur l’importance décisive de ce recueil dans la propagation du spinozisme en France, cf. P. Vernière, ‘Spinoza et la pensée française’, p. 373 sq.
(Brunet, II, 1209. Fürst, III, p. 54. Cat. Expo. Spinoza, Herzog August Bibliothek, n° 64. Tchemerzine-Scheler, III, 232. Van der Linde, 107 et 108).
Mors très légèrement frottés.
Très joli exemplaire, très frais, très bien relié.

Réf.: 22667 - Eur 1800.00
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[DIDEROT (Denis)]. Pensées philosophiques.
La Haye, Aux dépens de la Compagnie [i.e. Paris, Laurent Durand], 1746.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filets d'encadrement à froid sur les plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges (2), 136 p., (12) p. de table, planche frontispice gravée.
Edition originale illustrée d’une planche gravée en frontispice: "La vérité arrache le masque à la superstition".
"L’oeuvre fulgurante d'un jeune philosophe à la recherche de lui-même" (R. Mortier).
Dans ce volume scandaleux, Diderot s’attache, par aphorismes, à explorer les voies d’une morale fondée sur la raison, la réhabilitation des passions et la libre pensée, affranchie du joug de la religion. "Ce livre mérite d'être considéré, vu les polémiques et les échos qu'il suscita, comme l'un des plus importants du XVIIIe siècle" (Wilson, ‘Diderot’, p. 47).
"La pensée qu'il n’y a point de Dieu n'a jamais effrayé personne; mais bien celle qu’il y en a un, tel que celui qu’on me peint" (Aphorisme n°IX, p. 13).
Selon Adams, exemplaire de second tirage, en tout point semblable au premier, à l'exception des feuillets A2 (p. 3-4) et H2 (p. 91-92) corrigeant deux fautes du premier tirage.
L'ouvrage fut condamné au feu par arrêt du parlement de Paris, le 7 juillet 1746.
(Adams, ‘Bibliographie des oeuvres de D. Diderot’, II, PD2. Tchemerzine-Scheler, II, 919).
Infime accroc à la coiffe supérieure.
Bel exemplaire, très frais, bien relié à l'époque, imprimé sur papier fort, grand de marges (153 x 88 mm).

Réf.: 26924 - Eur 1800.00
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BRUNO (Giordano). Le ciel réformé. Essai de traduction de partie du libre italien, Spaccio della Bestia Trionfante [La déroute ou l'expulsion de la Beste triomphante].
S.l., L'an 1000 700 50 [i.e. 1750].
Petit in-8, plein-veau granité de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, , (2) f. (faux titre et titre), 92 p., (2) f. blancs, 2 vignettes gravées, bandeaux, titre noir et rouge.
Première édition et première traduction française, par l’abbé Louis-Valentin de Vougny, du dialogue publié à Londres en 1584, dont une seconde page de titre donne le titre intégral: "Spaccio della bestia trionfante: la déroute ou l'expulsion de la Beste triomphante".
"Véritable subversion des fondements de la théologie chrétienne, sous la forme d'une fable mythologique, Bruno y développe les conséquences morales de sa conception d'un univers infini, dépourvu de centre et composé d'une infinité de mondes, et s'en prend aux dogmes de l'Éden ou du péché originel, réhabilitant ainsi la nature, conçue, un siècle avant Spinoza" (Bertrand Levergeois).
"Le 17 février 1600, l’Inquisition catholique menait Giordano Bruno au supplice. Lorsqu’une main lui tendit la croix, au milieu des flammes, il détourna la tête vers le firmament infini. Avant Galilée et Descartes, il tire le plus radicalement les conséquences cosmologiques et philosophiques des découvertes coperniciennes. Il dynamite ainsi tout le dispositif physique, métaphysique et politique de l’ordre scolastique et conçoit un univers inédit, illimité, plein d’une puissance dynamique, opératrice et protéenne" (cf. Philippe Forget [dir.], 'Giordano Bruno et la puissance de l’Infini', éd. Vrin, 2003).
"One of Bruno's main works and that of his works which proved to be most influential throughout the 18th and 19th c., profoundly affecting both science, philosophy and religion" (B. Copenhaver & Ch. Schmitt, 'Renaissance Philosophy', p.301-302).
(Brunet I, 1298. Caillet, 11295. Peignot, ‘Livres condamnés au feu’, I, 48 et II, 213. Salvestrini, 'Bibliografia di G. Bruno’, 112).
Auréole claire en marge extérieure des p. 41-66. Cuir des plats lég. "craquelé".
Bon exemplaire, frais, très grand de marges (154 x 96 mm), relié à l’époque.

Réf.: 30842 - Eur 1800.00
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LA MOTHE LE VAYER (François de). Oeuvres de François de La Mothe Le Vayer. Conseiller d'Estat ordinaire. Troisième édition, revue, corrigée & augmentée.
Paris, Augustin Courbé, 1662.
2 tomes et 3 parties en 3 volumes in-folio, plein veau granité de l'époque, dos à nerfs ornés de caissons fleuronnés, tranches mouchetées (fente et manque de cuir au mors sup. du tome I, accrocs et épidermures aux plats, défauts aux coif.) , (24), 1015, (52) p. et (8), 1166, (72) p., dont 3 pages de titre, grande vignette de titre, portrait gravé par Nanteuil en frontispice, planche allégorique hors texte au tome I, titres noir et rouge.
Troisième édition en partie originale, comportant une dédicace au roi, augmentée de 'La Physique du Prince', 'Discours sur la bataille de Lutzen et sur la trêve des Pays-Bas' et un ouvrage composé vers 1636, qui paraît pour la première fois 'En quoi la piété des Français diffère des Espagnols dans une profession de même religion', ainsi que dans le deuxième volume, les cinquante "petits traités en forme de lettres" et "la Prose chagrine".
(James, 'Libertins Erudits', n°238. Tisserand, Bibliographie in : 'La Mothe Le Vayer...', p. 236. Pintard, n° 861).
Reliure usée, auréoles dans la marge inférieure des 2 prem. volumes. Exemplaire relié à l'époque, grand de marges.

Réf.: 35076 - Eur 1500.00
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[LOCKE (John)], LE CLERC (Jean) traducteur. Que la religion chretienne est très raisonnable, Telle qu'elle nous est representée dans l'Ecriture sainte (...).
Amsterdam, Henri Westein [et Henri Schelte], 1696-1703.
2 volumes in-12, plein veau havane de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, ornés de caissons fleuronnés et cloisonnés, dentelle sur les coupes et les chasses, tranches rouges, (8), 356, (4) p. et (4), 318 p.
Rare première traduction française, complète de la deuxième partie parue en 1703, de 'The Reasonableness of Christianity, and its vindications', publiée anonymement immédiatement à la suite de l'originale londonienne.
"In October 1695 Jean le Clerc reported to Locke from Amsterdam that the Westein firm was having the 'Reasonableness' translated into French" (Yolton).
La traduction de Pierre Coste, protestant français réfugié en Angleterre au moment de la révocation de l'Édit de Nantes, est fidèle au texte original ("fairly faithful") et le traducteur a divisé l'ouvrage en 15 chapitres pour plus de clarté.
Le second volume contient, de plus, une traduction libre des deux "Vindications" de Locke, avec des notes critiques et des commentaires du traducteur, placés entre guillemets.
L’ouvrage était initialement destiné à donner un fondement théorique à une réconciliation religieuse débarrassée de tout dogmatisme théologique et indépendante de toute Église. Il souleva une intense polémique en Angleterre à sa sortie et inspira les déistes anglais. Plusieurs fois réédité en France au XVIIIe siècle dans cette même traduction de Jean le Clerc sous le titre de 'Le Christianisme raisonnable', il fut largement lu et commenté par les Philosophes des Lumières.
(Yolton, n°240 et 241).
Infirme galerie de vers en marge de quelques feuillets, quelques rousseurs et brunissures.
Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.

Réf.: 35854 - Eur 1200.00
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[CHAVIGNY DE LA BRETONNIERE (François de)]. Vie voluptueuse entre les capucins et les nonnes par la confession d'un frere de l'Ordre.
Cologne, Pierre le Sincere, 1764.
Petit in-8, demi-maroquin noir à grands coins, dos à 5 nerfs orné de petits fleurons dorés entre-nerfs, titre doré, tranches marbrées (rel. fin XIXe), (1) f. de titre, (3), 63 p., 2 gravures dont une en frontispice.
Nouvelle édition, illustrée de deux planches: la double face des moines dissimulés sous des masques et une planche libre.
Sous prétexte de dénoncer "la vie hypocrite & scandaleuse de ces privilégiés"; l’auteur, qui se donne comme témoin direct, relate les turpitudes et "passions infâmes" des capucins.
Fait inconnu des bibliographies et études spécialisées, ce texte reprend celui, très rare, de "Le capucin démasqué, ou le religieux dans son naturel" (1682) attribué à François de Chavigny de La Bretonnière (ca. 1652– ca.1705).
Moine de la Congrégation bénédictine de Saint-Maur, auteur de ‘La religieuse en chemise’, ‘Venus dans le cloître’ et ‘Le cochon mitré’, l’auteur s’était spécialisé dans les récits libertins anticléricaux. Soutenu par une ambition philosophique et politique qui annonçait les Lumières, il livrait une critique sévère des clôtures monastiques, qu'il présentait comme lieux de toutes les déviances sexuelles.
Cette édition est rare. Elle manque aux bibliographies spécialisées. Pour d’autres éditions cf. Dutel III, A-1167. Pia, ‘Livres de l’Enfer’, éd. 1998, n° 1520. ‘The Private Case’, n°1839-1841).
Quelques légères petites taches éparses, dont une marque sur une planche.
Bon exemplaire, bien relié.

Réf.: 37181 - Eur 1200.00
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COLLINS (Anthony), CROUSAZ (Jean-Pierre de). Discours sur la liberté de penser, par Mr. A. Collins. Traduit de l'Anglois & augmenté d'une Lettre d'un médecin Arabe ; avec l'Examen de ces deux Ouvrages par Mr de Crouzas. Nouvelle Edition corrigée.
Londres [i.e. en Hollande], 1766.
2 volumes in-12 (158 x 98 mm), plein maroquin rouge de l'époque, dos lisses ornés de compartiments cloisonnés et fleuronnés, filets et palettes dorés, triple filets en encadrement sur les plats, filet sur les coupes, dentelle intérieure, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert bronze, tranches dorées, xii, 168 [i.e. 268] p. et viii, 211 p.
Première édition collective de 'Discourse on Free Thinking' d’Antony Collins dans la traduction de Henri Scheurleer, revue par Jean Rousset de Missy avec son "Examen" par Jean-Pierre de Crousaz (1715), analyse critique et commentaires, donné séparément et qui occupe l’intégralité du tome II.
La "Lettre d'un médecin arabe", également due à A. Collins, dispose d'une page de titre propre (I, p. 241-168 [i.e 268]).
L’adresse de Londres est fictive, l’ouvrage a sans doute été imprimé aux Pays-Bas, vraisemblablement par Marc Michel Rey à Amsterdam.
Élève, correspondant et ami de Locke, A. Collins est l'une des figures centrales de la Libre-pensée britannique.
Dans ce célèbre "Discours", il approfondit la thèse de Locke sur l'homme produit du milieu et se livre à une apologie de la liberté de penser. La brève et fulgurante "Lettre d'un médecin arabe" défend et approfondit son système: la doctrine qui attire la persécution n'est pas le mahométanisme, mais tout fanatisme. La postérité de Collins sera considérable parmi les Encyclopédistes français.
"L'ouvrage parut dès l'origine comme le manifeste redoutable de tout un parti. La libre-pensée agressive, avec lui, était née" (G. Ascoli, 'La Grande-Bretagne devant l'opinion française', II, p. 86).
L’ouvrage fut mis à l'index dès 1715. Il attira à son auteur de nombreuses attaques et l'obligea à se réfugier en Hollande.
(France littéraire, II, 253. Peignot, "Livres interdits", II, 214).
Très bel exemplaire, imprimé sur vergé de Hollande, parfaitement relié à l’époque, en 2 volumes de maroquin rouge.

Réf.: 37227 - Eur 1200.00
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GASSENDI (Pierre). Exercitationes paradoxicae adversus aristoteleos. In quibus praecipua totius Peripateticae doctrinae fundamenta excutiuntur (...).
Amsterdam, Apud Ludovicum Elzevirium [Amsterdam, Louis Elzevier], 1649.
In-12, demi-chagrin rouge, dos à 4 nerfs filetés or, compartiments à plein décor de rinceaux dorés au petit fer, titre doré (rel. fin XIXe), (32), 208 p., titre rouge et noir.
Seconde édition du premier ouvrage de Gassendi (l’originale de 1624 n’est connue qu’à quelques exemplaires), publiée par Louis Elzevier à Amsterdam.
Dans ces 'Dissertations en forme de Paradoxes contre les Aristotéliciens', "chef-d'œuvre de polémique impitoyable" (Gusdorf), le jeune philosophe lance une attaque frontale contre l’aristotélisme de son temps, contre ses disciples scolastiques et défend l'épicurisme auquel il veut rendre justice.
"Cet ouvrage s’insère dans une tradition humaniste et renaissante d’anti-aristotélisme. Gassendi remet en cause les autorités, l’interprétation a priori et la tradition immédiate. Il leur substitue les preuves expérimentales. Son opposition à Aristote et à son dogmatisme doit aussi être mise en perspective avec son combat contre les courants ésotériques et théosophiques, et contre le dogmatisme occultiste" (Fonds Gassendi, Médiathèque des Trois Vallées en ligne).
L’intervention de Gassendi fut décisive au sein du groupe des libertins érudits de la Tétrade dont il fut le principal inspirateur. Plus largement, sa philosophie exerça une influence fondamentale dans l'histoire littéraire, des idées et de l'esthétique du XVIIe siècle, au point qu'on parle désormais d'un "gassendisme épicurien".
L'ouvrage ne sera plus réimprimé du vivant de l'auteur.
(Cf. Jammes, 'Libertins érudits', n° 160. Pintard, n° 757. Willems, 1085).
Bel exemplaire, très frais, très bien relié à l'époque.

Réf.: 34965 - Eur 1000.00
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OROBIO DE CASTRO (Isaac), HOLBACH (Paul Thiry, baron d') éditeur et traducteur. Israël vengé ou Exposition naturelle des Prophéties Hébraïques que les Chrétiens appliquent à Jésus, leur prétendu Messie.
Londres, 1770.
In-12, demi-veau moucheté de l'époque, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées bleues, (1) f., (2), iv-243, (1) p., ex. imprimé sur papier fort.
Rare édition originale de cette traduction de "Prevenciones divinas a Israel", ouvrage composé par l'un des plus célèbres philosophes et médecins juifs du XVIIème siècle, Isaac Orobio de Castro (c.1617–1687), traduction revue, éditée et publiée par le baron d'Holbach en raison de la pugnacité de ses attaques contre le christianisme.
D’après Eusèbe Salverte cité par Barbier, Diderot aurait également participé à cette adaptation.
Selon O. Bloch (’Matérialisme du XVIIIe s.’, p. 222-226), le manuscrit d'Orobio aurait été transmis à Holbach par Levesque de Burigny qui résidait à l'époque en Hollande et l'ouvrage aurait longtemps circulé sous forme de copies manuscrites avant d'être imprimé.
"Traduction d'Orobio dans laquelle la part d'Holbach serait prépondérante, Diderot n'étant peut-être pas étranger à l'entreprise (...). La deuxième partie est constituée par une dissertation montrant que le Messie est encore à venir et qu'il ne saurait être comme l'a cru le Christianisme. Les Juifs ont donc raison d'attendre sa venue" (‘D’Holbach et ses amis’, N°151).
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 70:1163. Vercruysse, 1770 F1. Szajkowski, 1543).
Petits défauts aux mors.
Très bon exemplaire, très frais, imprimé sur vergé fort.

Réf.: 35563 - Eur 1000.00
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HOBBES (Thomas). Elemens philosophiques du Citoyen. Traicté politique où les Fondemens de la Société civile sont descouverts, par Thomas Hobbes, et Traduicts en François par un de ses amis [Samuel Sorbière].
Amsterdam, Jean Blaeu (à la sphère), 1649.
2 parties en un volume petit in-8, plein vélin rigide de l'époque, (28) f., 246 pp. et (1) f. blanc, 144 pp.
Véritable édition originale française de premier tirage, la plus recherchée comportant un portrait de Hobbes qui ne figure pas dans les éditions suivantes.
Elle est traduite du latin par Samuel Sorbière, deux ans avant la première édition anglaise. Quoique publié à Paris, le livre a été, par prudence, imprimé sous l'adresse d'Amsterdam, Blaeu.
Exemplaire en tout point conforme à la description donnée par MacDonald & Hargreaves avec les 28 feuillets liminaires: 1er titre allégorique gravé, 2e titre, épître, préface, lettre de Gassendi, de Mersenne, table, (1) f. d'errata, portrait gravé de Hobbes au verso. Feuillet banc entre les 2 parties.
Sur ce texte fondateur dans l'histoire des idées politiques de l'Europe moderne, sur les liens de Hobbes avec la France et le rôle de Sorbière comme "agent de diffusion du hobbisme en France ", cf. Pintard, 'Le Libertinage érudit', p. 552 et s. et Thuau, 'Raison d'Etat et pensée politique à l'époque de Richelieu', p. 380 et s.
(MacDonald & Hargreaves, n°32. Brunet, III, 240).
Quelques petites rousseurs. Un peu court de marge supérieure sans perte.
Très bon exemplaire, dans sa reliure de vélin de l'époque.

Réf.: 22817 - Eur 850.00
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VOLTAIRE, BOULAINVILLIERS (Henri de). 1- Le dîner du comte de Boulainvilliers par Mr. St. Hiacinte [Voltaire]. S.l., 1728 [i. e. Hollande, 1768]. (2) f. de faux-titre et titre, 60 p.
2- Relation du bannissement des jésuites de la Chine. S.l.n.d. [Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1768]. 31 p.
3- Relation de la mort du chevalier de La Barre : par Monsieur Cass*** [Cassen], avocat au Conseil du Roi, à M. le marquis de Beccaria. Le 15 juillet 1766. S.l.n.d. [Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1768]. 24 p.

3 ouvrages reliés en un volume in-12, plein veau havane de l'époque, dos à 5 nerfs orné, pièce de titre de maroquin amande, tranches bleutées.
Intéressante réunion de ces trois ouvrages de Voltaire, qui confirme leur origine commune: tous trois à l’année 1768 et sans doute publiés à Amsterdam chez Marc-Michel Rey.
1- Edition "en gros caractères", publiée l’année de l’originale, avec un faux-titre suivi d'un titre, qui porte le nom de Saint-Hyacinthe. Bengesco la distingue par le feuillet en tête duquel se trouve le titre de départ, paginé 1-2.
Les interlocuteurs du "Dîner" sont le comte et la comtesse de Boulainvilliers, l'abbé Couet et Nicolas Fréret. - Les "Pensées détachées de M. l'abbé de Saint-Pierre" sont de Voltaire. (Bengesco n°1750, p. 216. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4141).
2- Edition publiée l’année de l’originale à Amsterdam chez Marc-Michel Rey selon le catalogue de la BnF, qui renvoie, au sujet de cette édition, au billet de Voltaire à H. Rieu, Besterman, n°14003. Cette édition se caractérise par le fait qu’elle ne comporte qu’un titre de départ. (Bengesco, n°1758/2. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4161).
3- Edition originale. Titre de départ. Imprimé à Amserdam chez M.M. Rey, selon le catalogue de la BnF :
"C'est par erreur que Beuchot avait considéré comme date d'édition celle du 15 juillet 1766, mentionnée au titre de départ, comme l'a montré Bengesco". (Bengesco, n°1722. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4195).
Bel exemplaire, frais, dans une jolie reliure anglaise ou hollandaise de l’époque.

Réf.: 36251 - Eur 850.00
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LOCKE (John). OEuvres diverses de Monsieur Locke. Nouvelle édition considérablement augmentée. (EXEMPLAIRE de l'abbé MIGNOT, NEVEU DE VOLTAIRE).
Amsterdam, Jean Frederic Bernard, 1732.
2 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin, filets dorés sur les coupes, tranches rouges, cxix [i.e. ci-1], 329 p. et 420 [i.e. 430] p.
Deuxième édition, en partie originale, augmentée d'un volume par rapport à la première collective de 1710, traduite, préfacée et accompagnée d'un important "Eloge historique de Feu Mr. Locke" par Jean Le Clerc.
Selon le catalogue de la British Library, cette version française serait établie sur l'édition originale des 'Posthumous Works' (Londres, 1706) par Jean-Frédéric Bernard, un proche de Bayle, qui agit également comme éditeur-imprimeur de ces volumes.
Contient :
1- Lettre sur la Tolérance, parue en latin à Londres en 1689. 2- De la conduite de l'esprit dans la recherche de la vérité. 3- Discours sur les Miracles. 4- Méthode nouvelle de dresser des Recueils. 5- Mémoires pour servir à la Vie d'Antoine Ashley, comte de Shaftesbury. 6- Essai sur la nécessité d'expliquer les épîtres de S. Paul. 7- Examen du sentiment de Malebranche (...). 8- Lettres diverses (correspondance avec son ami Philipp Van Limborch).
La "Lettre sur la Tolérance" est donnée directement à partir du latin, dans sa version intégrale.
(Yolton, n°373).
Quelques traces de restauration et quelques rousseurs.
Provenance : Alexandre Jean Mignot (1725-1791) avec son ex-libris gravé armorié aux deux volumes. Abbé de Sellières et conseiller du Roi, il était le neveu de Voltaire et proche du patriarche de Ferney avec lequel il entretint une correspondance régulière. Ses ouvrages d’histoire et de littérature lui valurent l’estime de Diderot, qui fit son éloge. Son dévouement à la mémoire de Voltaire après sa mort le désigne comme le "gardien du temple voltairien".
Très bon exemplaire, bien relié à l’époque.

Réf.: 36927 - Eur 850.00
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[HOLBACH (Paul Thiry, baron d') ou FRERET (Nicolas)]. Lettres à Sophie. Contenant un examen des fondemens de la Religion Chrétienne, & diverses objections contre l'immortalité de l'âme.
Londres, Dix-huitième siècle [Amsterdam, Marc-Michel Rey, vers 1770].
2 tomes reliés en un volume in-12, broché sous couverture d'attente (rel. ancienne), (4), 230 p. et (2) p., 210, (1) p., exemplaire entièrement non rogné.
Edition originale (et seule édition ancienne) de ce rare et célèbre texte matérialiste radical dont la paternité n’a jamais pu être établie et dont certains passages ont été repris par Sade.
L’attribution à D’Holbach par Tchemerzine est contestée par Vercruysse et par l’édition critique donnée par Olivier Bloch (Champion, 2004). Une analyse serrée du texte permet à ce dernier et à Jean Deprun d’attribuer ce texte à "un érudit né en terre protestante et ayant reçu une solide formation théologique", une sorte de "Meslier protestant".
L’auteur se propose de libérer son ancienne maîtresse, Sophie, de ses illusions religieuses. Pour ce faire, il livre un discours et des argumentations d’un athéisme radical appuyés sur un corpus d’auteurs et d’œuvres, dénonce les impostures du christianisme, les légendes superstitieuses de la Bible, absurdes et dangereuses, et consacre trois lettres à ruiner le dogme de l’immortalité de l’âme.
"Les vues matérialistes [de cet ouvrage] ont fourni à Sade la matière de la dissertation contre l’immortalité de l’âme que l’auteur de la met dans la bouche du libertin Bressac (Sade, OC, ‘Nouvelle Justine’, Cercle du Livre précieux, VII, p. 219-227). Par ce biais imprévu, les Lettres à Sophie n’ont pas cessé d’agir - clandestinement, comme il se doit" (J. Leprun, CHSPM, Paris 1, Séminaire d’Histoire du matérialisme, 1987-1988).
L’ouvrage figure dans le premier inventaire de la bibliothèque du marquis de Sade, dressé à La Coste au début de 1769, ce qui permet de dater sa parution et d’éliminer à priori la paternité de N. Fréret, mort en 1749.
(Conlon, ‘Siècle des Lumières’, 80:362. Tchemerzine-Scheler, III, 735. D’Holbach et ses amis, n° 1582/3. Vercruysse, p. 25).
Titres et derniers feuillets montés sur onglets. Quelques rousseurs éparses.
Bon exemplaire, à toutes marges, entièrement non rogné, imprimé sur papier fort.

Réf.: 11683 - Eur 800.00
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[DESLANDES (André-François Boureau)]. Pigmalion, ou la Statue animée.
Londres, Samuel Harding [i.e. Paris ?], 1741.
In-12, demi-veau glacé cerise, dos à 5 nerfs orné de petits fers spéciaux (rel. du XIXe), (4), viij, 80 p.
Edition originale, rare, publiée clandestinement. J. Macary ('Masque et Lumière au XVIIIe, A.F. Deslandes') analyse ce conte qui exploite, avant Condillac et Diderot, la métaphore de la statue animée, comme la clef de l'oeuvre de Boureau-Deslandes et l'un des premiers exposés du "naturalisme matérialiste". Il souligne son audace et sa nouveauté, annonciatrices des "Lumières radicales" de la seconde partie du siècle.
Plusieurs travaux récents ont souligné l'importance et l’influence de cet essai, qui, quatre ans avant 'l'Histoire naturelle de l'âme' de La Mettrie, exposait une théorie purement matérialiste du monde.
Cf. Sébastian Drouin, 'Allégorisme et matérialisme dans Pigmalion, ou la statue animée d'André-François Deslandes', SVEC 2003:07 (2003), p.383-393 et Anne Desneys-Tunney, 'Le roman de la matière dans Pigmalion...', in "Être matérialiste à l'âge des Lumières. Mélanges offerts à R. Desné", PUF, 2015, p. 93-108.
Les censeurs ne s'étaient pas trompés et l'ouvrage fut condamné à être brûlé par l'exécuteur de la haute-justice, par arrêt du Parlement de Dijon du 14 mars 1742.
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 41:359. Macary, 252. Peignot, ‘Livres condamnés au feu', I, 101. F. Weil, 'Livres interdits’, p. 34). Le lieu d'édition est donné par Weller, p. 109.
Marge extérieure de la page de titre un peu réduite.
Très bon exemplaire.

Réf.: 36622 - Eur 750.00
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[MOREAU DE SAINT ELIER (Louis Malo)]. Songes Physiques.
Amsterdam, Thomas Joly, 1753.
Petit in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments cloisonnés et fleuronnés, pièce de titre de maroquin citron, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, viij, 238 p.
Edition originale de ce livre hétérodoxe, peu étudié, recueil de six "songes" dans lesquels l’auteur radicalise la doctrine cartésienne de l’animal-machine et recherche "quelle méchanique supplée [aux sentiments] pour faire produire [aux animaux] tant d’actes si merveilleux".
Moreau de St Elier est conduit à mettre en évidence un principe premier, moteur commun à tout le règne vivant et à exposer une conception matérialiste radicale de l’Homme.
L’ouvrage est cité comme l’une des sources de La Mettrie (cf. 'Maupertuis’s Brother and the Man-Machine' in "Transactions of the 5th International Congress on the Enlightenment", Pisa, August-Sept. 1979, vol. 190, p. 490 et Aram Vartanian, 'Le frère de Maupertuis et l'homme machine', in: Dix-huitième Siècle, n°14, 1982, p. 305-323).
Frère de Maupertuis, l’auteur était réputé pour être l’un des personnages les plus excentriques de son temps.
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 53:919. France Littéraire, VI, 299).
Quelques petits accrocs de cuir à la reliure.
Très bon exemplaire, très frais, grand de marges, bien relié à l'époque.

Réf.: 37197 - Eur 750.00
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CROUSAZ (Jean-Pierre de). Examen du pyrrhonisme ancien & moderne (...).
La Haye, P. de Hondt, 1733.
In folio (395 x 245 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 6 nerfs orné de compartiments richement garnis, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (2) f., (18), 776, (11) p., 2 grandes planches dépliantes, qqs rousseurs.
Edition originale et unique illustrée de deux planches repliées de figures géométriques gravées en taille-douce.
"L'auteur entreprend la réfutation détaillée des principaux auteurs pyrrhoniens, Bayle et Sextus Empiricus en particulier, pour dénoncer les sophismes sur lesquels repose leur philosophie (…). Mais l'intention critique et polémique n'occulte pas cet effet non négligeable de rassembler en une somme la diversité des arguments sceptiques.
La première partie traite du pyrrhonisme en général : sa définition, ses causes, ses remèdes ; la deuxième donne une traduction abrégée des écrits de Sextus Empiricus, avec une réfutation des points traités par Bayle ; la troisième réfute Bayle. L' 'Examen' fut très bien accueilli par les anti-libertins, et considéré comme une réfutation définitive de Bayle, en France, où l'on craignait le libéralisme religieux venu d'Angleterre, le déisme et la religion naturelle, et en Allemagne protestante" (Barbara de Negroni, éd. Fayard, 2004).
Quelques traces de restauration à la reliure.
Très bon exemplaire bien relié à l'époque, d’un très grand format inhabituel sur ce type d’ouvrage.

Réf.: 31436 - Eur 700.00
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COLLINS (Anthony), HOLBACH (Paul Thiry, baron d') traducteur et éditeur. Essai sur la nature et la destination de l'Ame Humaine (...). Traduit de l'Anglois, sur la dernière Edition revue & corrigée par l'auteur.
Londres [i.e. Amsterdam, Marc-Michel Rey], 1769.
In-12, broché, couverture papier bleu d'origine, (8), 295 p., exemplaire non rogné, non coupé, tel que paru.
Première édition française probablement sortie des presses de M.-M. Rey, dans une édition et une traduction attribuées à d’Holbach.
L’ouvrage contient le recueil des pièces composées par Anthony Collins, libre penseur, élève et ami de Locke, dans la polémique qui s’était engagé entre lui-même, Samuel Clarke et Henry Dodwell, sur l'immatérialité et l'immortalité de l'âme.
Selon Bréhier (II, 293) : "Collins montre l’union du matérialisme à la doctrine sensualiste de la connaissance".
De très larges extraits de cet ouvrage ont été cités par Naigeon dans "l’Encyclopédie Méthodique".
L’ouvrage a été interdit et condamné au feu.
(Colon, 'Siècle des Lumières', 69:676. 'Holbach et ses amis', 1553. Peignot, 'Livres condamnés', II, p.214. Vercruysse, p. 32).
Exceptionnel exemplaire, tel que paru, non rogné, non coupé.

Réf.: 37205 - Eur 700.00
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[LA MOTHE LE VAYER (François de)]. I- Cincq [sic] Dialogues faits à l'imitation des Anciens. Par Oratius Tubero (...). [Tome I]. II- Quatre autres Dialogues du mesme auteur. Faits comme les précédens à l'imitation des Anciens (...) [Tome II].
Francfort, Jean Savius, 1716.
2 volumes in-12, plein veau marbré havane, dos à nerfs garnis de compartiments richement ornés de fleurons, filets, palettes et dentelles dorés, tranches rouges (rel. moderne dans le goût de l'époque), (16), 416 p. et (18), 466 p., titre noir et rouge.
Dernière édition, la meilleure ancienne, de la première et la plus réussie des oeuvres de La Mothe Le Vayer, l'un des principaux représentants de la pensée libertine au XVIIe siècle.
Contient:
Volume I: De la philosophie sceptique - Le banquet sceptique - De la vie privée - Des rares et éminentes qualités des asnes de ce temps - De la Divinité -- Volume II: De l'Ignorance louable - De l'Opiniastreté - De la politique - Du Mariage.
"L'éditeur de 1716 a repris les neuf dialogues d'Orasius Tubero (…); tout en rétablissant l'intégralité du recueil, il a adopté - pour le premier volume - le mode de présentation des éditions de 1671 et 1673, ce qui l'a conduit à donner, dans le second volume, le titre de 'Quatre dialogues' aux 'Cinq dialogues' dont "De la 'Divinité" ne faisait plus partie.
Cette édition est généralement reconnue comme imprimée à Trévoux" (Jammes, 'Libertins érudits', n°209).
(Brunet, III, 801. Pintard, ‘La Mothe Le Vayer. Gassendi, Patin, Études de bibliographie’, p. 6, E1 et E2. Tchemerzine-Scheler, III, 960).
Ex-libris gravé armorié de la bibliothèque de Gérard Sangnier.
Bel exemplaire, très frais, très bien relié.

Réf.: 28608 - Eur 500.00
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VOLTAIRE, RACINE (Louis). 1- [RACINE (Louis)]. La Religion. Poëme. Paris, Jean-Baptise Coignard, Jean Desaint, 1742. xvj, 206 p. titre compris.
2- [VOLTAIRE]. Conseils à M. Racine sur son poëme De la Religion, par un amateur des Belles-Lettres. S.l.n.d. [1742]. 14 p. (titre de départ).

2 ouvrages reliés en un volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, richement orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin fauve, roulette dorée sur les coupes et coiffes, tranches rouges.
1- Édition originale ornée d’une grande vignette de titre allégorique gravée par C.-N. Cochin. " 'La Religion' combine le plan de Pascal avec celui de Bossuet (...). Ce poème est aimable parce qu'il respire l'amour des hommes. Il blâme la cruauté des croisades, parle avec douceur des hérétiques, réprouve la persécution de Galilée" (Monod, 'De Pascal à Chateaubriand', p. 346 et s.). Contient le "Jugement" et l'"Épître" de J.-B. Rousseau ainsi que la "Réponse" de L. Racine.
2- Edition originale, "vraisemblablement parisienne", selon le catalogue de la BnF.
Sous couvert d'anonymat, Voltaire dresse une critique complète de l'oeuvre de Louis racine, fils de l'illustre dramaturge, lui-même alors considéré comme un grand poète: sa monotonie, ses références philosophiques, l’inexactitude de sa discussion avec les athées, ses fautes et ses emprunts à ses propres oeuvres, à lui voltaire (il cite ‘La Henriade’), dont il vante, par des parallèles, la supériorité. Louis Racine avait été ami et condisciple de Voltaire au collège de Louis-Le Grand.
(Bengesco, n°1585, p. 38. Voltaire à la B.N., 3777).
Provenance: Pierre François Cottin de La Barre, baron de Joncy (1719-1766), conseiller au Parlement de Bourgogne, avec son ex-libris armorié et gravé.
Bel exemplaire, très frais, très bien relié, très grand de marges (210 x 144 mm).

Réf.: 37112 - Eur 500.00
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DESLANDES (André-François Boureau). Histoire critique de la philosophie. Où l'on traite de son origine, de ses Progrès, & des diverses Révolutions qui lui sont arrivés jusqu'à notre tems.
Amsterdam, François Changuion, 1756.
4 volumes in-12, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre et de tomaison de maroquin bordeaux et bronze, tranches rouges, (4), xli, (7) p. de tables, 372 p.; (4), 447, (8) p. de tables; (4), 344 p. et (4), (14) p. d'avertissement, (2) p. de tables, 337 p.
Troisième et dernière édition, augmentée d'un volume, de cet ouvrage dans lequel l'auteur élabore une théorie du progrès qui fera fortune.
L'oeuvre de Boureau Deslandes est aujourd’hui largement réévaluée pour sa "conception franchement matérialiste de l'homme (...) et pour ses liens avec le courant de la pensée athée et matérialiste" (R. Geissler, in ‘Le matérialisme du XVIIIe’), avant-garde des "Lumières radicales".
"Deslandes met au point une vision historique et métaphysique du monde, à la fois cohérente et originale (...). Son histoire de la philosophie est d'abord une philosophie de l'histoire (...). Un des premiers, il dégage la notion de progrès et analyse en détail les étapes" (Jean Macary, p. 198).
L'ouvrage constituera pour les encyclopédistes une source de première importance (Gusdorf).
(Jean Macary, ‘Masque et lumières au XVIIIe: A.-F. Deslandes’, Bibliographie, p. 252).
Quelques petits accrocs épars à la reliure.
Bon exemplaire.

Réf.: 33897 - Eur 450.00
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NAIGEON (Jacques André), HOLBACH (Paul Thiry, baron d'), CHALLE (Robert). Le Militaire Philosophe ou Difficultés sur la Religion proposées au R.P. Malebranche, Prêtre de l'Oratoire. Par un ancien Officier.
Londres [i.e. Amsterdam, Marc-Michel Rey], 1776.
In-12, plein veau fauve de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés, triple filet d'encadrement sur les plats, tranches marbrées, (2) f., (4), 192 p.
Dernière édition ancienne sortie des presses de Marc-Michel Rey à Amsterdam de ce "bréviaire du matérialisme".
Largement récrit et adapté par Naigeon et par D’Holbach qui aurait composé la dernière partie, l’ouvrage se base sur un texte clandestin qui circulait dès la première décennie du XVIIIe s. sous forme de manuscrit: "Difficultés sur la religion proposées au P. Malebranche", attribué à Robert Challe (cf. O. Bloch, 'Le matérialisme au XVIIIe').
L'ouvrage a toujours été rare si l'on en croit la ‘Correspondance’ de Grimm (cité par Belin, ‘Commerce du livre’, p. 106).
(Vercruysse, 'Bibliogr. du baron d’Holbach' (2017), 1776-B1).
Quelques petits accrocs et épidermures. Reliure légèrement frottée. Petite tache d'encre en tête.
Bon exemplaire, relié à l'époque.

Réf.: 36380 - Eur 450.00
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