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91 fiche(s) - Page 1


[DIDEROT (Denis), SHAFTESBURY (Anthony Ashley, comte de)]. Principes de la philosophie morale ; ou Essai de M. S*** [SHAFTESBURY] sur le mérite et la vertu. Avec Réflexions.
Amsterdam, Zacharie Chatelain, 1745.
In-8, plein veau acajou moucheté de l'époque (164 x 105 mm), dos à 5 nerfs richement orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filet à froid en encadrement des plats, filet doré sur les coupes, tranches rouges, xxx, 297 p., (1) bl., (9) p. de table et errata, (1) p. bl., (1) f. bl., 2 planches gravées hors texte.
Edition originale du premier essai philosophique du jeune Diderot, illustrée de 2 planches gravées hors texte, 1 fleuron et 2 vignettes de Durand gravés par Fessard.
"Cet exercice auquel se livra Diderot sur un original anglais fut davantage une paraphrase qu'une traduction. C'est un travail fort important pour saisir l'évolution de sa pensée. Il s'agissait de 'An Inquiry concerning Virtue and Merit de Lord Shaftesbury' (...). Il y avait quelque danger à présenter au public français, un ouvrage qui affirmait aussi franchement l'existence d'une morale naturelle, indépendant des sanctions d'une religion ou d'une Eglise données" (Wilson, ‘Diderot’, p. 44).
Sur cet ouvrage capital "pour saisir l'évolution de la pensée de Diderot", cf. A. Wilson, p. 43 sq. et Venturi, 'La jeunesse de Diderot', passim.
(Adams, PY1. Cohen, 306. Tchemerzine-Scheler, II, 916).
Quelques petites rousseurs. Petit ex-libris effacé au titre.
Bel exemplaire, très frais, grand de marges (164 x 105 mm), dans sa première reliure de veau moucheté.

Réf.: 14370 - Eur 2000.00
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[DIDEROT (Denis)]. Lettre sur les sourds et muets, A l'Usage de ceux qui entendent & qui parlent. Avec des additions (...).
S.l.n.e. [i.e. Jean-Baptiste Bauche fils], 1751.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, pièce de titre de maroquin bordeaux, filets à froid en encadrement sur les plats, tranches rouges, x, 400 p., (1) f. de faux-titre, (12) p. d'errata et de table, 5 planches gravées hors texte, imprimé sur papier fort.
Rare exemplaire de l’édition originale dans un tirage qui fournit le "stade ultime du texte" (Adams).
L'exemplaire est en tout point conforme à celui décrit par Lucien Scheler dans ses augmentations à Tchemerzine (II, p. 929, n°2).
Il est augmenté, sans interruption à partir de la p. 242, des ajouts donnés par Diderot et son éditeur aux cahiers de premier tirage, possède une page de titre recomposée pour l’occasion, 400 pages suivies d’un feuillet de faux-titre ("Additions pour servir d’éclaircissemens…"), d'une page d'errata et de 11 pages de table.
Les feuillets A2, D4, E1 et L5 sont cartonnés.
Le livre a été publié sans nom d’éditeur par Jean-Baptiste Bauche fils, avec la permission tacite de Malesherbes, nouveau et libéral directeur de la librairie, malgré que Diderot soit emprisonné à Vincennes sous le coup d’une lettre de cachet.
Diderot composa cet essai pour de réfuter les théories de l’abbé Batteux. Il y expose ses conceptions novatrices sur la formation du langage et annonce plusieurs de ses théories esthétiques notamment "le modèle idéal", "le sublime" ou "le spectateur de sang-froid", théories qu’il reprendra par la suite dans ses 'Salons' ou dans le 'Paradoxe sur le comédien'.
(Sur ce tirage peu commun voir Adams, LH4 notes et Tchemerzine-Scheler, II, 929).
Quelques infimes traces de restauration.
Ex-libris armorié "Anne Paul de Fontenay" gravé par Stallin et daté de 1751. Il devint lieutenant-général du bailliage d’Autun et premier maire de la ville à la Révolution.
Bel exemplaire, très frais, grand de marges (155 x 99 mm), imprimé sur papier fort, très bien relié à l’époque.

Réf.: 37431 - Eur 2000.00
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SPINOZA, BOULAINVILLIERS (Henri de), FENELON, COLERUS (Jean), OROBIO (Isaac). 1- BOULAINVILLIERS (Henri de), FENELON (F. de Salignac de la Mothe), LAMY (François). Réfutation des erreurs de Benoit de Spinosa, par M. de Fénelon (…), par le P. Lami (…) & par M. le Comte de Boullainvilliers, avec la Vie de Spinosa, Ecrite par M. Jean Colerus, (…) ; augmentée de beaucoup de particularités tirées d’une Vie manuscrite de ce philosophe, faites par un de ses amis [Lucas, médecin à La Haye]. Bruxelles, François Foppens, 1731. (10), 158 p. et 386 p.
2- OROBIO (Isaac). Certamen Philosophicum (...). Amsterdam, 1703. [387]-483, (2) p. de tables.

Ensemble relié en un volume in-12, plein veau blond glacé de l'époque, dos lisse entièrement garni d’une résille aux fers quadrilobés et d’un caisson de pied orné d’un fer spécial, chaînons, palettes et filets dorés, pièce de titre de maroquin rouge, triple filet doré en encadrement des plats, roulette dorée sur les coupes, tranches jaspées.
Edition originale de ce recueil collectif sur Spinoza et sa doctrine, édité par Nicolas Lenglet du Fresnoy.
Il contient la 'Vie de Spinoza' (p. 1 à 150) par Jean Colerus (Johann Koehler), pasteur luthérien à La Haye -- La préface et la "Réfutation" de Spinoza par le comte de Boulainvilliers, auquel celui-ci avait donné initialement le titre de "Essai de métaphysique dans les Principes de B*** de Sp*** " ainsi que la "réfutation" de Fénelon (p. 151 à 320) – ‘Extrait du nouvel athéisme renversé’ oeuvre du cartésien François Lamy (p. 321 à 386) sous page de titre particulière à la date de 1696 -- ‘Certamen Philosophicum’ (...) d’Isaac Orobio (p. 387 à 483) ici en dans sa seconde édition également sous page de titre particulière, à la date de 1703. Médecin, personnalité de la communauté juive d’Amsterdam, Orobio tente "d’effacer toute idée de collusion entre le judaïsme et le spinozisme " (P. Vernière, 'Spinoza et la pensée française', p. 341).
"Sous prétexte de rendre plus facile la réfutation de Spinoza en mettant ses opinions à la portée de tout le monde, Boulainvilliers a eu réellement pour but de propager le système de ce philosophe (...) en substituant au langage austère du métaphysicien hollandais une forme simple et pleine d’attraits" (Franck, p. 202).
Sur l’importance décisive de ce recueil dans la propagation du spinozisme en France, cf. P. Vernière, ‘Spinoza et la pensée française’, p. 373 sq.
(Brunet, II, 1209. Fürst, III, p. 54. Cat. Expo. Spinoza, Herzog August Bibliothek, n° 64. Tchemerzine-Scheler, III, 232. Van der Linde, 107 et 108).
Mors très légèrement frottés.
Très joli exemplaire, très frais, très bien relié.

Réf.: 22667 - Eur 1800.00
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[LA METTRIE (Julien Offray de)]. L'Homme Machine.
Leyde, De l'Imp. d'Elie Luzac Fils, 1748.
In-8 (95 x 160 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs guillochés or, garni de caissons richement fleuronnés et cloisonnés, triples filets d'encadrement dorés sur les plats, filets sur les coupes, roulette sur les chasses, tranches rouges, (1) f. de titre, 148 p.
Edition à la date de l'originale qui renferme en tête un avertissement de l'éditeur qui donne des informations sur les conditions de publication de ce brûlot, ainsi qu'une dédicace à Haller.
Cette édition, donnée comme "très rare", est considérée comme l'originale par René Paquet ('Essai sur La Mettrie', p. 187).
Le plus célèbre et le plus scandaleux des traités de La Mettrie dans lequel il livre ouvertement les fondements de sa doctrine radicale athée et d'un matérialisme biologique intégrale.
"Le premier philosophe français d’envergure à défendre la thèse du matérialisme. Non seulement il coalisa contre lui philosophes et théologiens, mais les philosophes matérialistes qui lui succédèrent avaient coutume de prendre à partie sa philosophie prétendument favorable à la 'débauche' (…). Les vastes synthèses esquissées par d’Holbach ou Diderot auraient été difficilement concevables sans ce génial précurseur. La biomécanique du XXIe s. et les ingénieurs travaillant à la réalisation de l’interface homme-machine ne peuvent que rendre hommage aux intuitions lamettriennes" (Christophe Paillard, "Matérialisme des Lumières, 'L’homme-machine’", Notice introductive, Ferney-Voltaire, 2004).
('En Français dans le texte', n°151. Voir Garrison & Morton, n°586. Stoddard, n°33. Tchemerzine-Scheler, III, 949).
L'ouvrage est suivi de " Lettres critiques sur les lettres philosophiques de Mr. de Voltaire (…)", S.L., 1753, par David Renaud Boullier.
Provenance: "Alex. Greg. VICHET gravé par Jubert": Alexandre Grégoire de Vichet (1731-1799), Trésorier de France à Montpellier, en 1789 membre de l'Assemblée de la noblesse de Montpellier pour l'élection des députés aux Etats généraux.
Très bel exemplaire, très bien relié à l'époque, très frais, parfaitement conservé.

Réf.: 37565 - Eur 1800.00
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ROUSSEAU (Jean-Jacques). Discours sur l'origine et les fondemens de l'inégalité parmi les hommes.
Amsterdam, Marc Michel Rey, 1755.
In-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de caissons fleuronnés et cloisonnés, pièces de titre de maroquin havane, tranches marbrées, lxx, (2), 262, (2) p. d'errata et avis au relieur, planche frontispice gravée.
Edition originale de premier tirage comportant les 3 cartons (p. LXVII, 111 et 139) et la correction de l'éditeur à la plume p. 11 (accent aigu sur "conformé"). Frontispice "Il retourne chez ses Égaux" dessiné par Eisen, gravé par Sornique, fleuron-vignette de titre par Fokke et fleuron en tête de la dédicace (armes de la République de Genève) également signé Fokke.
La réponse de Rousseau à la question mise au concours par l'académie de Dijon en 1753, réponse dont la radicalité et l’originalité effrayèrent les membres du jury qui lui refusèrent le prix.
"L'ouvrage qui contient toute la réflexion théorique de Rousseau: sa théorie du langage, la justification du 'contrat social', un éclairage sur 'l'Émile'. Universel, il contient en germe la philosophie politique moderne et l'anthropologie générale, dont il est le premier traité que compte la littérature française" (Claude Lévi-Strauss).
"Oeuvre source, à partir de laquelle on peut faire commencer toute la réflexion moderne sur la nature de la société" (J. Starobinski).
(Gagnebin, III, p. 1862. Dufour, p. 55).
Suivi de: BOURSAULT. Esope à la Cour, comédie héroïque. Nouvelle édition. Paris et Marseille, Jean Mossy, 1776. 72 p.
Quelques épidermures et quelques petites traces de restauration à la reliure.
Très bon exemplaire, très frais, grand de marges (126 x 192 mm), imprimé sur papier fort de Hollande.

Réf.: 37734 - Eur 1800.00
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[LA METTRIE (Julien Offray de)]. Histoire naturelle de l'âme, Traduite de l'Anglois de M. Charp, par feu M. H** de l'Académie des Sciences, &c. (BEL EXEMPLAIRE)
La Haye, Jean Neaulme, 1745.
In-12, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, filet doré sur les coupes, tranches rouges, (2) f. de faux-titre et titre, (2) p. d'épître à Maupertuis, (6) p. de table et errata, 398 p.
Edition originale publiée clandestinement à Paris sous l'adresse factice de La Haye.
L'expression la plus radicale, en son temps, d'un matérialisme athée appuyée sur une théorie mécaniste du corps humain qui valut à l’auteur une réprobation universelle et les critiques de Voltaire et de Diderot.
"Apre critique de la morale et de la métaphysique traditionnelles tournée vers l'édification d'une philosophie biologique fondée sur un athéisme militant et un matérialisme mécaniste sans concessions" (A. Vartanian, ‘La Mettrie…’, "Annales. Économies, Sociétés", 1967, vol. 22, n°4, p. 923 sq.).
L'ouvrage fut saisi et condamné au feu par le Parlement de Paris, le 7 juillet 1746, en compagnie des 'Pensées philosophiques' de Diderot.
(Stoddard, n°18. Tchemerzine-Scheler, III, 946).
Quelques petites traces de restaurations.
Bel exemplaire, bien relié à l’époque, grand de marges.

Réf.: 20963 - Eur 1500.00
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[LA MOTHE LE VAYER (François de)]. Memorial de quelques conférences avec des personnes studieuses.
Paris, Louis Billaine, 1669.
In-12, plein veau moucheté de l'époque, dos à nerfs orné de compartiments dorés, 414 p., (2) p. d'errata et privilège.
Edition originale partagée avec Th. Jolly, de "l'un des ouvrages les plus rares et les plus personnels de La Mothe Le Vayer".
"Le 'Mémorial de quelques conférences' est aux réunions de l'Académie putéane ce que les 'Dialogues' étaient aux rencontres de la "Tétrade" une chronique ou persiste le charme un peu vénéneux, fait d'indépendance et d'ironie, des cénacles philosophiques" (Pintard, 'Le libertinage érudit', p. 535).
"Le 'Mémorial' est littéralement peuplé des amis de La Mothe Le Vayer (...). Il y présente ses compagnons dans le lieu réel de leurs rencontres: dans le "cabinet des frères Dupuy". C'est bien en effet "dans la Bibliothèque du Président de Thou" où les deux frères Dupuy tinrent jusqu'en 1645 leurs réunions, que la scène se passe; et l'on y est accueilli par deux savants "adelphes" dont l'érudition, l'aménité, et jusqu'aux passions politiques sont celles des "frères Putéans". La compagnie y est nombreuse: français et étrangers, théologiens, magistrats, médecins (...). Mais surtout le groupe compact des amis d'Orasius Tubero dont ce 'Mémorial' nous confirme l'identité: Cassander-Gassendi, Crates-Guyet, Diodotus-Diodati, Eleus-Luillier, Telamon-Naudé, etc" (sur l'importance de ce texte, cf. Pintard, 'La Mothe le Vayer...', Boivin, 1943, p. 25-28).
Dans le célèbre avis "Aux lecteurs" qui fait office de préface, l'auteur livre la mélancolique méditation d'un homme arrivé au terme de sa vie, sur le temps qui passe, ses promenades dans Paris, les livres, l'amitié, la culture…
(Tchemerzine-Scheler, III, p. 982). Le Catalogue Collectif de France ne recense que deux exemplaires dans les bibliothèques françaises: tous deux à la BnF.
Quelques petites traces de restauration au dos.
Petit ex-libris de monastère manuscrit au titre.
Bel exemplaire, très frais, bien relié à l'époque.

Réf.: 37710 - Eur 1500.00
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[CHAVIGNY DE LA BRETONNIERE (François de)]. Vie voluptueuse entre les capucins et les nonnes par la confession d'un frere de l'Ordre.
Cologne, Pierre le Sincere, 1764.
Petit in-8, demi-maroquin noir à grands coins, dos à 5 nerfs orné de petits fleurons dorés entre-nerfs, titre doré, tranches marbrées (rel. fin XIXe), (1) f. de titre, (3), 63 p., 2 gravures dont une en frontispice.
Edition illustrée de deux planches: "la double face des moines" dissimulés sous des masques et une planche libre.
Sous prétexte de dénoncer "la vie hypocrite & scandaleuse de ces privilégiés", l’auteur, qui se donne comme observateur direct, relate les turpitudes et "passions infâmes" des capucins.
Fait inconnu des bibliographies et études spécialisées, ce texte reprend celui, très rare, de "Le capucin démasqué, ou le religieux dans son naturel" (1682) attribué à François de Chavigny de La Bretonnière (ca. 1652– ca.1705).
Moine de la Congrégation bénédictine de Saint-Maur, auteur de ‘La religieuse en chemise’, ‘Venus dans le cloître’ et ‘Le cochon mitré’, l’auteur s’était spécialisé dans les récits libertins anticléricaux. Soutenu par une ambition philosophique et politique qui annonçait les Lumières, il livrait une critique sévère des clôtures monastiques, qu'il présentait comme lieux de toutes les déviances et d'abus sexuels.
Cette édition est rare. Elle manque aux bibliographies spécialisées. Pour d’autres éditions cf. Dutel III, A-1167. Pia, ‘Livres de l’Enfer’, éd. 1998, n° 1520. ‘The Private Case’, n°1839-1841.
Quelques légères petites taches éparses, dont une marque sur une planche.
Bon exemplaire, bien relié.

Réf.: 37181 - Eur 1200.00
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COLLINS (Anthony), CROUSAZ (Jean-Pierre de). Discours sur la liberté de penser, par Mr. A. Collins. Traduit de l'Anglois & augmenté d'une Lettre d'un médecin Arabe ; avec l'Examen de ces deux Ouvrages par Mr de Crouzas. Nouvelle Edition corrigée.
Londres [i.e. en Hollande], 1766.
2 volumes in-12 (158 x 98 mm), plein maroquin rouge de l'époque, dos lisses ornés de compartiments cloisonnés et fleuronnés, filets et palettes dorés, triples filets en encadrement sur les plats, filet sur les coupes, dentelle intérieure, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert bronze, tranches dorées, xii, 168 [i.e. 268] p. et viii, 211 p.
Première édition collective de 'Discourse on Free Thinking' d’Antony Collins dans la traduction de Henri Scheurleer, revue par Jean Rousset de Missy, accompagné de son "Examen" par Jean-Pierre de Crousaz (1715), analyse critique et commentaires, donnés séparément et qui occupe l’intégralité du tome II.
La 'Lettre d'un médecin arabe', également due à A. Collins, dispose d'une page de titre propre (I, p. 241-168 [i.e 268]).
L’adresse de Londres est fictive, l’ouvrage a sans doute été imprimé aux Pays-Bas, vraisemblablement par Marc Michel Rey à Amsterdam.
Élève, correspondant et ami de Locke, Anthony Collins est l'une des figures centrales de la Libre-pensée britannique.
Dans ce célèbre 'Discours', il approfondit la thèse de Locke sur l'homme produit du milieu et se livre à une apologie de la liberté de penser. La brève et fulgurante 'Lettre d'un médecin arabe' défend et approfondit son système: la doctrine qui attire la persécution n'est pas le mahométanisme, mais tout fanatisme. La postérité de Collins sera considérable parmi les Encyclopédistes français.
"L'ouvrage parut dès l'origine comme le manifeste redoutable de tout un parti. La libre-pensée agressive, avec lui, était née" (G. Ascoli, 'La Grande-Bretagne devant l'opinion française', II, p. 86).
Le livre fut mis à l'index dès 1715 et attira à son auteur de nombreuses attaques qui l'obligèrent à se réfugier en Hollande.
(France littéraire, II, 253. Peignot, 'Livres interdits', II, 214).
Très bel exemplaire, imprimé sur vergé de Hollande, parfaitement relié à l’époque en 2 volumes de maroquin rouge, condition rare pour ce type d'ouvrage.

Réf.: 37227 - Eur 1200.00
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[SAINT-EVREMOND (Charles de Marguetel de Saint-Denis)]. OEuvres meslées (...).
Paris, Claude Barbin, 1668-1669.
2 tomes parties en un volume in-12 (75 x 133 mm), plein maroquin acajou, dos à 5 nerfs richement orné de caissons dorés aux petits fers, triple filet d'encadrement sur les plats, roulette sur les coupes, large dentelle intérieure, daté en pied, tranches dorées sur marbrures (rel. Louis Guétant), (6), 57 p. et 46 p., (1) f. de privilège.
Véritable seconde édition, donnée comme "très rare" par Tchemerzine, publiée l'année de l'originale, chez le même éditeur, avec la seconde partie à la date de 1669.
Le privilège est daté du 5 août 1668 et l'achevé d'imprimer du 24 août.
Moraliste sceptique, épicurien proche des libertins érudits, peut-être amant de Cyrano de Bergerac, Saint-Évremond (1616-1703) refusa longtemps de faire imprimer ses ouvrages qui circulaient sous forme de manuscrits. Banni de France après la chute de Fouquet en 1661, il se réfugia en Hollande puis en Angleterre où il mourut. Malgré son refus de prêtres ou de pasteurs sur son lit de mort, il eut l’honneur d’une sépulture dans le carré des poètes à l’abbaye de Westminster.
Ces "oeuvres mêlées" obtinrent un immense succès dès leur sortie et suscitèrent nombre de continuations et de plagiats.
Cette édition à la date de l'originale manque à la BnF et aux bibliothèques françaises. WorldCat ne recense que trois exemplaires complets comme celui-ci dans le monde: Queens Univ. (Ca), Harvard (Houghton libr.) et BN de España.
Elle est inconnue des bibliographies; seul Tchemerzine (V, 590) la cite d'après un exemplaire figurant à la vente De Backer.
Petit renfort de papier au dos du titre.
Bel exemplaire, dans une fine et élégante reliure de maroquin acajou du maître lyonnais Louis Guétant. Militant politique, il fut secrétaire de la Ligue des droits de l’Homme et un des dirigeants du Comité de la IIIe Internationale à Lyon.

Réf.: 37557 - Eur 1200.00
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HOBBES (Thomas). Elemens philosophiques du Citoyen. Traicté politique où les Fondemens de la Société civile sont descouverts, par Thomas Hobbes, et Traduicts en François par un de ses amis [Samuel Sorbière].
Amsterdam, Jean Blaeu (à la sphère) [i.e. Paris], 1649.
2 parties en un volume petit in-8, plein vélin rigide de l'époque, (56), 246 p. et (1) f. blanc, 144 p.
Véritable édition originale française de premier tirage, la plus recherchée comportant un portrait de Hobbes.
Elle est traduite du latin par Samuel Sorbière, deux ans avant la première édition anglaise. Quoique publié à Paris, le livre a été, par prudence, imprimé sous l'adresse d'Amsterdam, Blaeu.
Exemplaire en tout point conforme à la description du premier tirage donnée par MacDonald & Hargreaves avec les 28 feuillets liminaires: premier titre allégorique gravé, second titre, épître, préface, lettre de Gassendi, de Mersenne, table, (1) f. d'errata, portrait gravé de Hobbes au verso. Feuillet banc entre les 2 parties.
Sur ce texte fondateur dans l'histoire des idées politiques de l'Europe moderne, sur les liens de Hobbes avec la France et le rôle de Sorbière comme "agent de diffusion du hobbisme en France", cf. Pintard, 'Le Libertinage érudit', p. 552 et s. et Thuau, 'Raison d'Etat et pensée politique à l'époque de Richelieu', p. 380 et s.
(MacDonald & Hargreaves, n°32. Brunet, III, 240).
Quelques petites rousseurs. Un peu court de marge supérieure sans perte.
Très bon exemplaire, dans sa première reliure de vélin.

Réf.: 22817 - Eur 1000.00
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OROBIO DE CASTRO (Isaac), HOLBACH (Paul Thiry, baron d') éditeur et traducteur. Israël vengé ou Exposition naturelle des Prophéties Hébraïques que les Chrétiens appliquent à Jésus, leur prétendu Messie.
Londres, 1770.
In-12, demi-veau moucheté de l'époque, dos lisse orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées bleues, (1) f., (2), iv-243, (1) p., ex. imprimé sur papier fort.
Rare édition originale de cette traduction de "Prevenciones divinas a Israel", ouvrage composé par l'un des plus célèbres philosophes et médecins juifs du XVIIème siècle, Isaac Orobio de Castro (c.1617–1687), traduction revue, éditée et publiée par le baron d'Holbach en raison de la pugnacité de ses attaques contre le christianisme.
D’après Eusèbe Salverte cité par Barbier, Diderot aurait également participé à cette adaptation.
Selon O. Bloch (’Matérialisme du XVIIIe s.’, p. 222-226), le manuscrit d'Orobio aurait été transmis à Holbach par Levesque de Burigny qui résidait à l'époque en Hollande et l'ouvrage aurait longtemps circulé sous forme de copies manuscrites avant d'être imprimé.
"Traduction d'Orobio dans laquelle la part d'Holbach serait prépondérante, Diderot n'étant peut-être pas étranger à l'entreprise (...). La deuxième partie est constituée par une dissertation montrant que le Messie est encore à venir et qu'il ne saurait être comme l'a cru le Christianisme. Les Juifs ont donc raison d'attendre sa venue" (‘D’Holbach et ses amis’, N°151).
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 70:1163. Vercruysse, 1770 F1. Szajkowski, 1543).
Petits défauts aux mors.
Très bon exemplaire, très frais, imprimé sur vergé fort.

Réf.: 35563 - Eur 850.00
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[BAYLE (Pierre)]. 1- Pensées diverses, Ecrites à un Docteur de la Sorbonne, à l'occasion de la Comète qui parut au mois de Décembre 1680. Nouvelle édition corrigée. (2) f. de faux-titre et titre, (26), 432, (11) p. de table
2- Pensées diverses (…). [Suivi de:] Addition aux Pensées diverses sur les Comètes. (2) f., (12), 304 p. ('Pensées diverses') et [305-], 438 p., (11) de table, titre compris ('Addition aux Pensées diverses'…).
3- Continuation des pensées diverses (...). Ou Réponse à plusieurs difficultez que Monsieur *** a proposées à l'Auteur. (2) f., (28) p., 564 p., (17) p., (1) f. bl.
4- Continuation des pensées diverses (...). (2) f., (12), 671, (22) p., (1) f. bl.
Rotterdam, chez les Héritiers de Reinier Leers [i.e. Trévoux], 1721.
Ensemble de 3 ouvrages en 4 volumes in-12, plein veau havane raciné, dos à 5 faux-nerfs guillochés or, ornés de compartiments garnis de doubles filets dorés et d’un fleuron répété entre-nerfs, roulette sur les coupes, tranches mouchetées (reliure de l’époque).
Bonne édition, la plus complète ancienne, de ce recueil des trois ouvrages que Bayle consacre à la critique de la superstition, de l'intolérance et du fanatisme.
Le lieu d'impression est fictif, l'ouvrage a été imprimé à Trévoux, selon le catalogue de la BnF et Weller.
Bayle y donne toute la mesure de sa prodigieuse érudition et de sa méthode : "l'examen critique des faits servant à dissoudre les préjugés et la mise en avant d'une éthique liée à la nature de l'homme et indépendante de toute croyance de l'esprit".
"Le premier essai par lequel Bayle se fit connaître, d'une importance très grande dans son oeuvre, celui qu'il a écrit avec le plus de liberté (…). Contient des textes essentiels" (Delvolve, p. 43).
L' 'Addition aux Pensées diverses...’ figure à la suite des ‘Pensées’ sous page de titre particulière et pagination continue à partir de la page 305.
La 'Continuation des pensées diverses', fut composée plus de vingt ans après les 'Pensées diverses'. Bayle approfondit et radicalise sa thèse. L’étude comparative entre athéisme et idolâtrie qu’il développe, ainsi que la préférence affirmée par l’auteur pour le premier, firent scandale.
(Haag, II, 78. Delvolve, n°6, 29 et 33).
Quelques épidermures et petits accrocs aux coins.
Bel exemplaire, très frais, bien relié à l’époque.

Réf.: 37347 - Eur 850.00
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BODIN (Jean). Universae naturae theatrum. In quo rerum omnium effectrices causae, & fines contemplantur, & continuae series quinque libris discutiuntur (...).
Francofurti [Francfort], Apud heredes Andreae Wecheli, Claudium Marnium, & Iaon Aubr. [Wechel, Marne & Aubry], 1597.
In-8, plein veau moucheté de l'époque, dos à 4 nerfs orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, titre doré, tranches mouchetées, (1) f. de titre, (14), 633 p., page de titre à la grande marque de l'imprimeur, lettrines, bandeaux et quelques figures astronomiques gravées sur bois.
Seconde édition, publiée quelques mois après l'originale et recomposée page par page d'après celle-ci.
Le dernier ouvrage de Jean Bodin qu'il publia l'année même de sa mort, dans lequel il livre, sous forme de dialogue entre un maître ('Théodore') et son disciple ('Mystagogue'), une ultime et radicale conclusion à son oeuvre.
Si l'ouvrage s'attache à la question des rapports entre foi, science et raison, Bodin y exprime pour la première fois l'exigence d'un esprit qui veut trouver à la croyance elle-même un fondement purement rationnel. Tout en préservant une vision surnaturelle du monde, il bouscule certains des dogmes fondamentaux et aboutit à la conclusion que la foi, pour certains esprits, n'est plus possible. Sur ce point Bodin semble avoir dépassé les positions de Montaigne. Les censeurs, qui avaient autorisé la première édition, réagirent immédiatement pour supprimer leur approbation et interdire sévèrement l'ouvrage.
(Adams, B 2249. Crahay, Isaac, Lenger 'Bibliographie de Jean Bodin', L2, avec reproduction de la page de titre. Peignot, 'Livres condamnés au feu', I, 42).
Quelques traces de restaurations à la reliure, ex-libris manuscrit ancien avec cote de bibliothèque et petit cachet au titre. Auréoles claires en tête des 16 premiers feuillets. Quelques rousseurs éparses et une petite tache d'encre.
Très bon exemplaire, bien relié à l'époque.

Réf.: 37471 - Eur 850.00
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VOLTAIRE. Nouveaux mélanges philosophiques, historiques, critiques, &c. &c. Première partie [-Tome dix-neuvième].
S.l. [ca. Genève, Cramer], 1765-1776.
19 volumes in-8, pleine basane fauve de l'époque, dos lisses ornés de compartiments fleuronnés et cloisonnés, tranches rouges.
Première édition collective et ensemble complet, imprimée par Cramer à Genève sous la supervision de Voltaire lui-même. Il précise dans son avertissement en tête du premier volume, qu'il élimine de cette édition les pièces qui lui étaient faussement attribuées et qu'il corrige les textes authentiques.
"Contient un assez grand nombre d'éditions originales" et des textes de différents genres littéraires: plus de 7000 pages de traités et essais philosophiques, articles de presse ou de l'Encyclopédie. Plusieurs contes, des pages polémiques, des tragédies, des épîtres, lettres, commentaires, réfutations, facéties, mais aussi d'importantes oeuvres publiées à part comme le 'Traité sur la tolérance' (au tome II).
"Comme la teneur des sujets exposés est surtout déterminée par la critique des institutions et le zèle contre "l'Infame”, il n'est guère étonnant que les quatorze premiers volumes aient été condamnés par décret de la cour de Rome" (cf. Lemaire, Trousson, Vercruysse, 'Dictionnaire Voltaire' qui consacre un long article sur 2 colonnes à ces "Mélanges", p. 139-142).
(Bengesco, IV, 2212. Voltaire à la BN, n°s 111 à 127 détaillent le contenu).
Des défauts à la reliure. Dos parfois un peu frottés, quelques accrocs aux coiffes, mors et coins, quelques épidermures et rousseurs éparses. Trace d'ex-libris ôté sur les contre-plats.
Bon ensemble, relié à l'époque.

Réf.: 37738 - Eur 850.00
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GASSENDI (Pierre). Exercitationes paradoxicae adversus aristoteleos. In quibus praecipua totius Peripateticae doctrinae fundamenta excutiuntur (...).
Amsterdam, Apud Ludovicum Elzevirium [Amsterdam, Louis Elzevier], 1649.
In-12, demi-chagrin rouge, dos à 4 nerfs filetés or, orné de compartiments à plein décor de rinceaux dorés aux petits fers, titre doré (rel. fin XIXe), (32), 208 p., titre rouge et noir.
Seconde édition du premier ouvrage de Gassendi (l’originale de 1624 n’est connue qu’à quelques exemplaires), publiée par Louis Elzevier à Amsterdam.
Dans ces "Dissertations en forme de Paradoxes contre les Aristotéliciens", "chef-d'oeuvre de polémique impitoyable" (Gusdorf), le jeune philosophe lance une attaque frontale contre l’aristotélisme de son temps, contre ses disciples scolastiques et défend l'épicurisme auquel il veut rendre justice.
"Gassendi remet en cause les autorités, l’interprétation a priori et la tradition immédiate et leur substitue les preuves expérimentales. Son opposition à Aristote et à son dogmatisme doit aussi être mise en perspective avec son combat contre les courants ésotériques et théosophiques et contre le dogmatisme occultiste" (Fonds Gassendi, Médiathèque des Trois Vallées en ligne).
L’intervention de Gassendi fut décisive au sein du groupe des libertins érudits de la Tétrade dont il fut le principal inspirateur. Plus largement, sa philosophie exerça une influence fondamentale dans l'histoire littéraire, des idées et de l'esthétique du XVIIe siècle, au point qu'on parle désormais d'un "gassendisme épicurien".
L'ouvrage ne sera plus réimprimé du vivant de l'auteur.
(Cf. Jammes, 'Libertins érudits', n° 160. Pintard, n° 757. Willems, 1085).
Bel exemplaire, très frais, très bien relié.

Réf.: 34965 - Eur 750.00
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LA MOTHE LE VAYER (François de). Oeuvres de François de La Mothe Le Vayer. Conseiller d'Estat ordinaire. Troisième édition, revue, corrigée & augmentée.
Paris, Augustin Courbé, 1662.
2 tomes et 3 parties en 3 volumes in-folio, plein veau granité de l'époque, dos à nerfs ornés de caissons fleuronnés, tranches mouchetées , (24), 1015, (52) p. et (8), 1166, (72) p., dont 3 pages de titre, grande vignette de titre, portrait gravé par Nanteuil en frontispice, planche allégorique hors texte au tome I, titres noir et rouge.
Troisième édition en partie originale, comportant une dédicace au roi, augmentée de 'La Physique du Prince' -- 'Discours sur la bataille de Lutzen et sur la trêve des Pays-Bas' -- un ouvrage composé vers 1636 qui paraît pour la première fois: 'En quoi la piété des Français diffère des Espagnols dans une profession de même religion' -- Ainsi que, dans le deuxième volume, les cinquante "Petits traités en forme de lettres" et "la Prose chagrine".
(James, 'Libertins Erudits', n°238. Tisserand, Bibliographie in : 'La Mothe Le Vayer', p. 236. Pintard, n° 861).
Reliure usée et épidermée, auréoles dans la marge inférieure des 2 premiers volumes, fente et manque de cuir au mors supérieur du tome I, défauts aux coiffes.

Réf.: 35076 - Eur 750.00
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[MOREAU DE SAINT ELIER (Louis Malo)]. Songes Physiques.
Amsterdam, Thomas Joly, 1753.
Petit in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à 5 nerfs orné de compartiments cloisonnés et fleuronnés, pièce de titre de maroquin citron, roulette dorée sur les coupes, tranches rouges, viij, 238 p.
Edition originale de ce livre hétérodoxe, peu étudié, recueil de six "songes" dans lesquels l’auteur radicalise la doctrine cartésienne de l’animal-machine et recherche "quelle méchanique supplée [aux sentiments] pour faire produire [aux animaux] tant d’actes si merveilleux".
Moreau de St Elier est conduit à mettre en évidence un principe premier, moteur commun à tout le règne vivant et à exposer une conception matérialiste radicale de l’Homme.
L’ouvrage est cité comme l’une des sources de La Mettrie (cf. 'Maupertuis’s Brother and the Man-Machine' in "Transactions of the 5th International Congress on the Enlightenment", Pisa, August-Sept. 1979, vol. 190, p. 490 et Aram Vartanian, 'Le frère de Maupertuis et l'homme machine', in: Dix-huitième Siècle, n°14, 1982, p. 305-323).
Frère de Maupertuis, l’auteur était réputé pour être l’un des personnages les plus excentriques de son temps.
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 53:919. France Littéraire, VI, 299).
Quelques petits accrocs de cuir à la reliure.
Très bon exemplaire, très frais, grand de marges, bien relié à l'époque.

Réf.: 37197 - Eur 750.00
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HOLBACH (Paul Thiry, baron d'), NAIGEON (Jacques André), CHALLE (Robert). 1- HOLBACH (Paul Thiry, baron d'), NAIGEON (Jacques André), CHALLE (Robert). Le Militaire Philosophe ou Difficultés sur la Religion proposées au R.P. Malebranche, Prêtre de l'Oratoire. Par un ancien Officier. Londres [i.e. Amsterdam, Marc-Michel Rey], 1768. 193, (3) p. de table, faux-titre et titre inclus.
2- HOLBACH. Les prêtres démasqués ou des Iniquités du clergé chrétien. Ouvrage traduit de l'anglais. Londres [i.e. Amsterdam, Marc-Michel Rey], 1768. (1) f. de titre, (1) f. d'avertissement et table, 180 p.

2 ouvrages reliés en un volume in-12, plein veau fauve marbré de l'époque, dos lisse orné de compartiments fleuronnés et cloisonnés, triple filet d'encadrement sur les plats, tranches jaspées.
1- Edition originale publiée d'après un texte attribué à Robert Challe, qui circulait clandestinement sous forme de manuscrit depuis la première décennie du XVIIIe siècle.
Le texte de cette version imprimée aurait été largement récrit et adapté par Naigeon et par D’Holbach qui aurait composé la dernière partie (Cf. O. Bloch, 'Le matérialisme au XVIIIe s.').
Désigné à sa sortie comme "bréviaire du matérialisme", cet ouvrage a toujours été très rare si l'on en croit la correspondance de Grimm (cité par Belin, 'Commerce du livre', p. 106).
(Vercruysse, éd. 2017, 1768- B2, p. 102).
2- Première édition française de cette traduction libre, par d'Holbach, d'un ouvrage demeuré anonyme ('The Ax Laid to the Root of Christian Priestcraft'). Selon Vercruysse, le livre a été imprimé à Amsterdam par Marc-Michel Rey. (Vercruysse, éd. 2017, D5, p.105. Tchemerzine-Scheler, III, 718).
Coiffes frottées, quelques petits accrocs et épidermures. Rousseurs et brunissures, plus soutenues à quelques feuillets.
Bon exemplaire, relié à l'époque.

Réf.: 37416 - Eur 750.00
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VOLTAIRE, BOULAINVILLIERS (Henri de). 1- Le dîner du comte de Boulainvilliers par Mr. St. Hiacinte [Voltaire]. S.l., 1728 [i. e. Hollande, 1768]. (2) f. de faux-titre et titre, 60 p.
2- Relation du bannissement des jésuites de la Chine. S.l.n.d. [Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1768]. 31 p.
3- Relation de la mort du chevalier de La Barre : par Monsieur Cass*** [Cassen], avocat au Conseil du Roi, à M. le marquis de Beccaria. Le 15 juillet 1766. S.l.n.d. [Amsterdam, Marc-Michel Rey, 1768]. 24 p.

3 ouvrages reliés en un volume in-12, plein veau havane de l'époque, dos à 5 nerfs orné, pièce de titre de maroquin amande, tranches bleutées.
Intéressante réunion de ces trois ouvrages de Voltaire, qui confirme leur origine commune: tous trois à l’année 1768 et sans doute publiés à Amsterdam chez Marc-Michel Rey.
1- Edition "en gros caractères", publiée l’année de l’originale, avec un faux-titre suivi d'un titre, qui porte le nom de Saint-Hyacinthe. Bengesco la distingue par le feuillet en tête duquel se trouve le titre de départ, paginé 1-2.
Les interlocuteurs du "Dîner" sont le comte et la comtesse de Boulainvilliers, l'abbé Couet et Nicolas Fréret. - Les "Pensées détachées de M. l'abbé de Saint-Pierre" sont de Voltaire. (Bengesco n°1750, p. 216. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4141).
2- Edition publiée l’année de l’originale à Amsterdam chez Marc-Michel Rey selon le catalogue de la BnF, qui renvoie, au sujet de cette édition, au billet de Voltaire à H. Rieu, Besterman, n°14003. Cette édition se caractérise par le fait qu’elle ne comporte qu’un titre de départ. (Bengesco, n°1758/2. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4161).
3- Edition originale. Titre de départ. Imprimé à Amsterdam chez M.M. Rey, selon le catalogue de la BnF :
"C'est par erreur que Beuchot avait considéré comme date d'édition celle du 15 juillet 1766, mentionnée au titre de départ, comme l'a montré Bengesco". (Bengesco, n°1722. ‘L’oeuvre de Voltaire à la B.N.’, n°4195).
Bel exemplaire, frais, dans une jolie reliure anglaise ou hollandaise de l’époque.

Réf.: 36251 - Eur 700.00
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COLLINS (Anthony), HOLBACH (Paul Thiry, baron d') traducteur et éditeur. Essai sur la nature et la destination de l'Ame Humaine (...). Traduit de l'Anglois, sur la dernière Edition revue & corrigée par l'auteur.
Londres [i.e. Amsterdam, Marc-Michel Rey], 1769.
In-12, broché, couverture papier bleu d'origine, (8), 295 p., exemplaire non rogné, non coupé, tel que paru.
Première édition française probablement sortie des presses de M.-M. Rey, dans une édition et une traduction attribuées à d’Holbach.
L’ouvrage contient le recueil des pièces composées par Anthony Collins, libre-penseur, élève et ami de Locke, dans la polémique qui s’était engagée entre eux-mêmes, Samuel Clarke et Henry Dodwell, sur l'immatérialité et l'immortalité de l'âme.
Selon Bréhier (II, 293) : "Collins montre l’union du matérialisme à la doctrine sensualiste de la connaissance".
De très larges extraits de cet ouvrage ont été cités par Naigeon dans "l’Encyclopédie Méthodique".
L’ouvrage a été interdit et condamné au feu.
(Colon, 'Siècle des Lumières', 69:676. 'Holbach et ses amis', 1553. Peignot, 'Livres condamnés', II, p.214. Vercruysse, p. 32).
Exceptionnel exemplaire, tel que paru, non rogné, non coupé.

Réf.: 37205 - Eur 700.00
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CROUSAZ (Jean-Pierre de). Examen du pyrrhonisme ancien & moderne (...).
La Haye, P. de Hondt, 1733.
In folio (395 x 245 mm), plein veau marbré de l'époque, dos à 6 nerfs orné de compartiments richement garnis, pièce de titre de maroquin bordeaux, tranches rouges, (2) f., (18), 776, (11) p., 2 grandes planches dépliantes, qqs rousseurs.
Edition originale et unique illustrée de deux planches repliées de figures géométriques gravées en taille-douce.
"L'auteur entreprend la réfutation détaillée des principaux auteurs pyrrhoniens, Bayle et Sextus Empiricus en particulier, pour dénoncer les sophismes sur lesquels repose leur philosophie (…). Mais l'intention critique et polémique n'occulte pas cet effet non négligeable de rassembler en une somme la diversité des arguments sceptiques.
La première partie traite du pyrrhonisme en général : sa définition, ses causes, ses remèdes ; la deuxième donne une traduction abrégée des écrits de Sextus Empiricus, avec une réfutation des points traités par Bayle ; la troisième réfute Bayle. L' 'Examen' fut très bien accueilli par les anti-libertins, et considéré comme une réfutation définitive de Bayle, en France, où l'on craignait le libéralisme religieux venu d'Angleterre, le déisme et la religion naturelle, et en Allemagne protestante" (Barbara de Negroni, éd. Fayard, 2004).
Quelques traces de restauration à la reliure.
Très bon exemplaire bien relié à l'époque, d’un très grand format inhabituel sur ce type d’ouvrage.

Réf.: 31436 - Eur 600.00
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HEMSTERHUIS (Frans). Oeuvres philosophiques.
Paris, H.J. Jansen, 1792.
2 volumes in-8, plein veau havane, dos à nerfs (rel. moderne), viij, 310 p. et 323 p., vignettes, culs-de-lampe et 3 planches dépliantes.
Première édition illustrée de 3 planches dont 2 dépliantes et de jolies vignettes. Chaque oeuvre figure sous page de titre particulière.
Bien que diffusée confidentiellement, l'oeuvre d'Hemsterhuis exerça une influence majeure sur ses contemporains: Diderot, qui le fréquenta et le commenta, Jacobi dont la Lettre à Hemsterhuis sur Spinoza est insérée dans cette édition, Herder, Goethe, Hölderlin, Novalis et Schlegel.
"Les thèmes des données immédiates de la conscience et du retour à la vie simple qu‘illustrera Bergson sont toujours présents (…). Bien avant les romantiques, il proclame l’union de la poésie et de la philosophie dans un éloge de l’enthousiasme qui met l’imagination à la source de toute appréhension de la vérité (…). L’apport fondamental de Hemsterhuis à la pensée de son temps est de l’avoir, par son platonisme, écarté de tout empirisme et de tout matérialisme sans pour autant la limiter à une fonction critique, mais en lui restituant son sens métaphysique" (J.-L. Vieillard-Baron, 'Hemsterhuis platonicien', in XVIIIe siècle, VII, 1975, p. 129-146).
Sur l'importance de l'oeuvre d'Hemsterhuis, sa singularité et ses recherches visant à "retrouver l'originalité profonde du spinozisme et à la dégager des perversions modernes", cf. P. Vernière, 'Spinoza et la pensée française', p. 668-673.
(R.E. Stoddard, 'Hemsterhuis, bibliography', "The Book collector", vol. 50/2, n°13, p. 197).
Faux-titre du tome I légèrement grisé dans la marge. Petit défaut à un mors. Quelques petites rousseurs et piqûres éparses.
Bon exemplaire, frais, non rogné.

Réf.: 37745 - Eur 600.00
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HUME (David). "Oeuvres philosophiques de Mr. D. Hume Tome premier (second)" [seuls parus].
1- Histoire naturelle de la religion (…). Avec un Examen critique & philosophique de cet Ouvrage. Amsterdam, J.H. Schneider, 1759. viii, 164 p.
2- Dissertations sur les passions, sur la tragédie, sur la règle du goût (…). Amsterdam, J.H. Schneider, 1759. (4), 120 p.

2 ouvrages reliés en volume in-8, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs fleuronnés et cloisonnés, tranches rouges.
Rare édition de ces deux oeuvres de Hume, dans la traduction de Jean-Bernard Mérian, probablement une contrefaçon de l'édition Schneider de 1759 sous la même adresse. Elle se distingue de celle-ci par sa pagination, sa page de titre noir (et non noir et rouge) ainsi que par son matériel typographique, selon le catalogue de l'Univ. de Manchester.
Elle comporte en faux-titre des deux parties "Œuvres philosophiques de Mr. D. Hume Tome premier (second)".
Seules ces deux parties de cette édition des "œuvres" sont recensées dans WorldCat (3 exemplaires, OCLC 425966728) et ne semblent pas avoir connu de suite Jessop ('D. Hume') ne fait pas la différence entre les éditions de 1759 ; celle-ci manque à Chuo et à James Fieser (A Bibliography of Hume’s Writings).
Annotations au crayon au verso de la première garde.
Très bon exemplaire, très frais, bien relié à l'époque.

Réf.: 23245 - Eur 500.00
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[DESLANDES (André-François Boureau)]. Pigmalion, ou la Statue animée.
Londres, Samuel Harding [i.e. Paris ?], 1741.
In-12, demi-veau glacé cerise, dos à 5 nerfs orné de petits fers spéciaux (rel. du XIXe), (4), viij, 80 p.
Edition originale, rare, publiée clandestinement. J. Macary ('Masques et Lumières au XVIIIe, A.F. Deslandes') analyse ce conte qui exploite, avant Condillac et Diderot, la métaphore de la statue animée, comme la clef de l'oeuvre de Boureau-Deslandes et l'un des premiers exposés du "naturalisme matérialiste". Il souligne son audace et sa nouveauté, annonciatrices des "Lumières radicales" de la seconde partie du siècle.
Plusieurs travaux récents ont souligné l'importance et l'influence de cet essai, qui, quatre ans avant 'l'Histoire naturelle de l'âme' de La Mettrie, exposait une théorie purement matérialiste du monde.
Cf. Sébastian Drouin, 'Allégorisme et matérialisme dans Pigmalion, ou la statue animée d'André-François Deslandes', SVEC 2003:07, p.383-393 et Anne Desneys-Tunney, 'Le roman de la matière dans Pigmalion...', in "Être matérialiste à l'âge des Lumières. Mélanges offerts à R. Desné", PUF, 2015, p. 93-108.
Les censeurs ne s'étaient pas trompés: par arrêt du Parlement de Dijon du 14 mars 1742, l'ouvrage fut condamné à être brûlé de la main de l'exécuteur de la haute-justice.
(Conlon, 'Siècle des Lumières', 41:359. Macary, 252. Peignot, 'Livres condamnés au feu', I, 101. F. Weil, 'Livres interdits', p. 34). Le lieu d'édition est donné par Weller, p. 109.
Marge extérieure du titre un peu courte.
Très bon exemplaire.

Réf.: 36622 - Eur 500.00
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