QUENARD (Philippe)

Apperçu [sic] d’un plan d’éducation publique. Avec quelques idées sur l’homme, considéré sous les deux aspects. L’homme naturel et l’homme social.

Paris, l'An quatrième de la Liberté [1792].

In-16 (100 x 68 mm), demi-veau blond, dos lisse orné de filets gras dorés en place des nerfs, pièce de titre de veau orange (rel. signée Lobstein-Laurenchet dans le goût de l'époque), (8), 96 p.

Rarissime édition originale et unique de ce projet pédagogique révolutionnaire, matérialiste, égalitaire et laïc, d’un intérêt exceptionnel. « Ce livre n’a jamais été mis en vente ; il fut imprimé par l’auteur lui-même avec une petite imprimerie portative et tiré à 12 exemplaires seulement » (Barbier, ‘Ouvrages anonymes’, I, 227). L’ouvrage porte, en effet, la marque de cette production de fortune. L’auteur divise son travail en deux parties. Une première contient un essai anthropologique sur état de nature et état social, la conduite à tenir dans l’éducation des enfants pour les accompagner progressivement du premier état au second, à travers une pédagogie « bienveillante » adaptée et individualisée, fondée sur l’observation et la découverte progressive du monde. La Révolution française va permettre de renverser un système jusqu’alors « bon à former les tyrans et leurs victimes », pour engendrer une nouvelle génération de « citoyens libres ». L’auteur stigmatise, en contre-exemple, l’enseignement religieux « qui pénalisait les faibles, empoisonnait les forts, et ne faisait de tous que des méchants ou d’imbéciles tartuffes ». L’éducation doit se fonder sur les compétences et les « facultés naturelles » de chaque enfant, sans concours ni classement, sans punitions ni récompenses. Elle sera soutenue par un matériel pédagogique ludique, des livres adaptés, des jeux et des sports. Tous les signes de distinction sociale seront abolis, et les garçons et filles élevés ensemble: « la nature ne les a pas faits pour être séparés, c’est une monstruosité monacale ». La seconde partie est consacrée au « Plan d’éducation » proprement dit. « Tous les enfants de l’un et l’autre sexe, de quelque condition qu’ils soient, seront entretenus et instruits aux dépens de l’État. Quand un enfant aura atteint l’âge de sept ans accomplis, ses parents seront tenus de le déposer à la maison d’éducation » (p. 65). Quénard détaille l’organisation, les programmes et la finalité des quatre catégories d’établissements à répartir sur l’ensemble du territoire: « maison d’éducation orale », « maison d’apprentissage », « maison de perfection » et « maison sociale », financés par un impôt progressif. L’ouvrage s’ouvre par une dédicace de l’auteur au président de l’Assemblée nationale signée « Quénard, ancien représentant de la Commune de Paris, conseil officieux et citoyen de Nanterre ». Le 6 mai 1792, Quénard présenta son projet en personne devant l’Assemblée qui lui délivra les « honneurs » de la séance. (Bonet-Maury, ‘Catalogue des ouvrages du Musée pédagogique’, II, 144. Martin & Walter, n° 28426. Monglond, IV, col. 135). WorldCat ne recense que deux exemplaires de cet ouvrage dans le monde: BnF et BIU Lyon (au Musée Pédagogique). Un troisième exemplaire est passé en vente publique (Bergé, ‘Collection d’un bibliophile’, fév. 2018, n°118 : 3.000€). Bel exemplaire, très bien relié de demi-veau (Lobstein-Laurenchet) dans le goût de l’époque, très frais, en parfaite condition.

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